Entretien 1 : Migrer avec les plantes à Chavaniac
En septembre au CBM
En septembre, on visite le (link: https://www.cbnmc.fr/ text: Conservatoire National Botanique du Massif Central). Stéphane Perrera est botaniste et animateur nature. C'est lui qui nous reçoit et c'est à lui qu'on raconte notre façon d’aborder la résidence : Qu’est-ce que l’hospitalité et le bon accueil depuis la perspective des plantes ?
Il nous explique, que la migration, du point de vue botanique, est une constante. Les espèces se sont toujours déplacées, et les écosystèmes se modulent sur le long terme pour les accueillir. L’accueil, quand on parle de plantes est une question d’équilibre à trouver. Quelles sont les conditions de l’équilibre alors ? Il semblerait que ce soit une question d’attention et de relations. Les moutons sont menés à pâturer dans le massif depuis la préhistoire, et leur présence contribuait à maintenir la diversité d’espèces végétales. Les prairies où l’on trouve le plus de végétaux seront celles qui seront les plus robustes face aux aléas climatiques. Stéphane va nous chercher un guide des plantes qui révèlent la fertilité et la santé des sols. L’anémone pulsatille rouge, l’ail à tête ronde, l’armérie des sables, les narcisses, jonquilles, toutes les espèces bulbeuses, les œillets, orchidées ou les coucous dans les champs indiquent des relations foisonnantes entre les plantes, insectes et animaux.
Cette même journée, nous avons l'occasion de visiter le château de Chavaniac Lafayette. Ce qu'on nous raconte du marquis, c'est que bien qu'il soit né à cet endroit, le parc et le bâtiment que nous connaissons n'a pas grand chose à voir avec la baisse actuelle qui a été intégralement reconstruite par les époux Moffatt au XXe siècle. Ces riches philanthropes américains ont installé ici un lieu d'accueil pour les enfants exposés à la tuberculose, avant la généralisation des traitements antibiotiques. Etendu sur plusieurs hectares, ces infrastructures, reconverties ou à l'abandon ont été le théâtre d'une migration enfantine dont la mémoire reste trouble et l'histoire à faire. Nous aurons l'occasion d'en reparler avec Anna Philippon, historienne amatrice et institutrice à la retraite.
Nous visitons le Parc du château avec le jardinier et la conservatrice, tous deux nouvellement arrivés. Nous comprenons que son architecture repose sur d'importantes infrastructures d'acheminement des eaux aujourd'hui partiellement abandonnées. La tour principale était en fait le faux décor d'un château d'eau qui abondait les systèmes d'irrigation et la piscine. Le jardin quant à lui accueille une biodiversité planté plutôt exotique, des cèdres centenaires voisinent avec des sycomores de la lune, dont les graines parait-il ont fait le voyage avec Neil Armstrong et Buzz Aldrin. La façade extérieure du château donne sur une roseraie aux couleurs du drapeau écossais, pays d'origine du clan Moffatt. Cette flore témoigne des migrations nombreuses qui finalement forment ce lieu. Nos préférées tout de même, ce sont ces discrètes orchidées qui ont trouvé refuge sur la pelouse. Attentif à l'évolution des milieux du parc, le jardinier a su identifier leur présence et retenir l'action de la tondeuse. On ne protège bien que ce que l'on connaît aussi bien. Pour bien accueillir, il faut être curieux et cultiver son regard comme son érudition, pour ne pas passer à coté de vies fragiles mais non moins indispensables.
---
Réalisé dans le cadre du projet EAC 2025-2026 « Migrations - Repaires des salmonidés » de la Communauté de communes des rives du Haut-Allier avec le soutien de la DRAC et la Région AURA ainsi que le Département de la Haute-Loire