Langeac
Nous avons longé l'allier de Langeac à Saint - Arcons d'Allier. L'occasion de faire le lien entre les paysages ripariens et la présence fantôme du saumon.
Les Saumons naissent et remontent l’Allier, d’un même endroit où tout commence et finit. Sur un chemin semé d’embuches bien peu atteindrons l’océan encore moins reviendrons pour frayer dans ces eaux qui chaque années se réchauffent.
Bien des alvins de modestes tacons ou de smolt frétillants descendent pour quelques Becard qui remontent. Cette tragédie naturelle dont le héro serait cellui qui arrive jusqu’à la frayère ne doit pas faire oublier que le saumon est multiforme et que chacune des vies de son peuple est importante.
Ce qui compte, c’est le mouvement dans lequel il s’inscrit qui fait remonter au Saumon les matières de l’océan. Ce qui est effectivement tragique, ce sont les voies de la mer qui ne remontent plus les ruisseaux, les sauts des poissons qui ne nourrisent plus d’ours ventripotants.
Ces chemins qui ont été captés au profit de celleux qui les exploitent avec la complicité, il faut bien le dire, de notre gloutonnerie, ont initié de nouvelles transformations terrifiantes qui permettent au poisson roi d’accomplir son voyage en masse. les saumons remontent aujourd’hui des océans dans des bâteaux d’élevage aux dimensions pharaoniques, drone camions, centre de logistique, des fermes terrestres pour lesquelles on canalise les rivières.
D’un point de vue strictement évolutif, les saumons n’ont jamais été aussi nombreux, pourtant leur disparition des rivières ne rend pas plus heureux. Ni elleux, ni nous. C’est pour préserver cette joie d’être vivant que des humain.es se sont battues pour permettre que le saumon garde sa place dans l’allier.
Les aménagements de passes à poissons, la présence du conservatoire, comme les façons de laisser vivre la rivière, former des ilots garder les arbres tombés pour que se forment des refuges à poisson, témoignent dans le paysage de ces frictions entre humains.