Entretien 4 : Nouvelles musiques, nouvelles danses à Paulhaguet

En janvier avec avec celles de la communauté italienne de Paulhaguet

Il y a une communauté italienne à Paulhaguet. Ce sont des ouvriers qui travaillaient l'argile, et qui ont fui la dictature de Mussolini. Le patron belge de leur entreprise leur a proposé un travail dans son autre entreprise, à Paulhaguet. Du Frioul à la Haute-Loire, c'est en suivant l'argile que les Italiens se sont retrouvés ici.

On demande aux filles de ces ouvriers, comment s'est fait l'accueil pour leurs pères. Visiblement très bien : "faut dire qu'ils dansaient très bien et que tous les dimanches ils avaient leur orchestre vers la tuilerie, dans le hangar, les filles venaient danser parce qu'il y avait de la musique". Ils ne sont pas restés célibataires longtemps.

La mère de l'une des femmes qu'on rencontre nous raconte que sa mère a appris le frioulan, parce que ça ressemblait à l'occitan et qu'elle aimait bien : pas l'italien, le dialecte qui ressemblait au sien. Elles nous racontent le travail épuisant à la tuilerie, nous montrent des photos des brouettes surchargées qu'ils portaient, nous décrivent les sons et la chaleur des fours et puis la nourriture. Et puis la nourriture rassemble : dans le coin italien du village, on pêchait les truites et les saumons de l'Allier et on faisait les pâtes maisons.

Comment faire accueil aux migrations ? Celles qui en sont issues nous disent : laisser de la place pour la danse, la musique, la cuisine, la langue et tout ce qu'elles déploient de relations.

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Réalisé dans le cadre du projet EAC 2025-2026 « Migrations - Repaires des salmonidés » de la Communauté de communes des rives du Haut-Allier avec le soutien de la DRAC et la Région AURA ainsi que le Département de la Haute-Loire